Se projeter… à long terme (tu sais, ce truc re-lou)

Est-ce que mon projet va prendre plus de temps que je ne l’imagine pour se réaliser ?
Combien de temps ça va prendre pour que je ne lutte plus ?

Jusqu’où dois-je être persévérant.e ? À quel moment reconnaître que je dois abandonner ?

Ces questions sont encore plus présentes quand on est impatient, avec de nombreux centres d’intérêt et qu’on n’est pas encore passé de l’autre côté du miroir : y arriver.

1. L’échec fait partie du chemin

Regarder les exemples d’autres personnes est inspirant pour prendre un peu de hauteur :
– W. Disney à qui ça a pris 10 ans avant qu’un de ses dessins animés devienne populaire
– Tesla a commencé à être rentable 10 ans après sa création
– J. K. Rowling a reçu 10 lettres de rejet pour Harry Potter
Et ces groupes de musique qui ont un succès comme sorti de nulle part, mais qui sortent des albums depuis 10 ans.

Est-on prêt à persévérer 10 ans dans la même direction ? Comment fait-on pour survivre aux rejets ?

La réponse est : aimer ce qu’on fait peu importe le succès, le nombre de likes ou le chiffre d’affaires. Ce qui permet la ténacité.

Et se demander si avec Internet et les réseaux sociaux, on peut réussir plus vite, n’est pas la bonne question. Si on ne peut pas imaginer que son projet pourra prendre des années pour être rentable, on est perdant avant même d’avoir commencé.

Et quand on est une personne qui veut faire plaisir aux autres et réussir du 1er coup, on s’imagine aussi qu’échouer (au moins temporairement) va nous faire perdre quelque chose qu’on ne pourra jamais récupérer comme l’estime de telle personne.

C’est là qu’il faut changer sa manière d’envisager l’échec. Essayer d’éviter l’inconfort de l’échec est un bon moyen de ne pas atteindre l’objectif espéré. L’échec fait partie du chemin.

2. Comment gères-tu l’échec ?

C’est toi qui décides du résultat final. Oui, oui. Mais souvent quand on vit un refus ou un échec, on imagine que ça signe la fin de notre projet. Ou que c’est un signe de l’univers.

Mais on peut aussi le voir comme une donnée : la manière dont j’ai fait les choses cette fois n’a pas fonctionné. Je vais essayer autrement, car j’ai décidé que j’attendrai mon objectif.
Il s’agit de questionner cet échec et non d’en tirer des conclusions.

En fait, on n’est pas en échec, tant qu’on ne l’a pas accepté comme étant sa réalité.

Il n’y a pas de recette pour « réussir », ni dans les livres, ni chez les autres (« faites comme moi, ça marchera pour vous aussi »). C’est même dangereux, car il y a de nombreuses variables en jeu. Le parcours de chacun est unique.

Ce qui permet de surmonter les obstacles est la ténacité, l’état d’esprit et les valeurs. Et réaliser qu’il n’y a rien à « réussir », mais qu’il s’agit d’apprendre à se gérer dans les obstacles.

La question à te poser ici : comment te comportes-tu quand tu ne réussis pas ?

3. Savoir quand abandonner ou persévérer

Il n’y a pas de recette ici non plus. Mais ces 2 questions pourront t’aider à y répondre :
est-ce que ton projet te pousse ou est-ce toi qui le tires ?
est-ce que c’est le résultat qui te stimule et te rend joyeux ? Et/ou est-ce le processus pour l’atteindre ?

Et pour t’aider à y voir plus clair, voici la grille du flow de M. Csikszentmihalyi :
– compétences faibles + peu de défi = apathie
– compétences faibles + défi élevé = frustration
– compétences importantes + peu de défi = ennui
– compétences importantes + défi élevé = flow

C’est cet état de flow qui te permet d’aimer le chemin avec ses hauts et ses bas, car il y en aura.

Ex. : si tu veux être un auteur à succès qui signe des dédicaces et est traduit en 25 langues, tu dois vouloir encore plus fort, écrire plusieurs heures / jour pendant des semaines, sans personne pour te féliciter pour ça.

Pourquoi ? Car ça te permettra de traverser les échecs.

Alors, où en es-tu ?

4. La clarté pour franchir les obstacles

Si tu ne te sens pas poussé.e par le résultat que tu veux atteindre (pro ou perso), c’est que tu n’as pas une vision claire de ton projet, alignée sur tes valeurs, tes compétences et ton vrai désir ou que tu es déconnecté.e de ta vision.

Quand elle est claire, tu es inarrêtable, même dans les mauvais jours.

🔹 Avoir une vision claire est connaître le résultat que tu veux réaliser aussi intimement que possible, comme si tu examinais un diamant sous toutes ses facettes. Comme si tu explorais mentalement profondément la vision de toi ayant accompli ce que tu souhaites.

Plus tu fais cette exploration mentale, plus ta vision est claire. Tu devrais pouvoir la décrire sur des pages ou en parler pendant au moins 1h.

⚠️ Si tu ne ressens pas cette poussée, ne te convainc pas qu’elle n’existe pas ou que parfois elle est là et que d’autres fois non. C’est de l’autosabotage.

Et la croyance n’est pas que ça va se produire, mais que cette vision est possible. Et ce sont tes actions qui rendront ce futur réel.

Avoir une vision claire qui nous pousse, ne fait pas qu’il n’y a aucun obstacle sur le chemin.

Ex. : Elon Musk dont on peut supposer qu’il a une vision claire de son projet Space X, est-ce qu’il ne rencontre pas d’obstacles ? Non. Mais sa vision lui permet de les franchir.

🔹 Comment rester motivé.e malgré les obstacles ? Ce qui revient à parler de ta connexion à ta vision :

– rester centré.e sur « pourquoi » tu veux réaliser ta vision. Pour ça, tu peux par exemple écrire ou dire à haute voix ton objectif principal tous les jours.
D’ailleurs si tu n’as pas de clarté, c’est sans doute car tu n’es pas centré.e sur ton « pourquoi ». Tu t’es peut-être laissé.e happer par le quotidien, la tête dans le guidon, voire même tu t’es fait croire que tu étais occupé.e, sans savoir vraiment où tu vas.

– les obstacles font partie du chemin. Ils n’affectent ni ta motivation, ni ta valeur, ni ton identité.

– le chemin vers la réalisation de ton objectif prend du temps et n’est pas instantané.

– tu peux modifier ton objectif, car le chemin n’est pas linéaire. Et car ce que tu fais actuellement, tu ne le feras pas jusqu’à la fin de tes jours.

5. Un échec ne te définit pas

Que faire avec la petite voix qui te dit « ce n’est pas pour moi », « je ne suis pas assez bon.ne », je ne suis pas fait.e pour ça », « je ne suis pas assez passionné.e par mon projet »?

Le fait de s’identifier à un échec est plus une perception personnelle que lié à la nature de l’échec en lui-même.

Si tu penses qu’un obstacle/échec est un événement normal et utile sur ton chemin et que c’est une opportunité d’avoir des infos pour t’ajuster et apprendre, tu te vois alors comme un « apprenti ».

Mais peut-être que tu vois un échec/obstacle comme la plupart des gens le voient, c’est-à-dire quelque chose qui dit « tu n’es pas assez bon.ne » ou « tu n’es pas fait.e pour ça ». Ce sont leurs perceptions. Et tu n’es pas obligé.e d’y adhérer.

Savoir comment tu perçois un obstacle/échec n’est pas une question à pousser sous le tapis.

Si tu fuis cette question, c’est que tu as peur de ta réponse. Que tu penses alors à toi comme un échec. Et c’est si douloureux que tu ne vas pas y faire face.

Mais il te faut regarder cette question pour voir sa réponse et réaliser qu’un échec ne te définit pas.

Une autre pensée dont tu peux avoir peur est « je ne suis peut-être pas aussi passionné.e par mon boulot/projet, que je le pensais ». Tu peux avoir peur de l’admettre, car tu vois ce que tu as déjà investi dans ton projet : en temps, dans le regard des autres, de ton identité.

Et donc, si mon boulot/projet ne m’intéresse plus, qu’est-ce qu’il me reste ? Et derrière ça, qui suis-je ?

Il n’y a rien de mal à penser que ton boulot/projet ne t’intéresse plus. Rien.

Je pourrais aussi parler ici de la pression qu’ont les étudiants à savoir ce qu’ils veulent faire comme métier et avoir une vision claire de leurs vies pro… Ce qui peut créer de l’anxiété quand ils ne savent pas répondre.

C’est presque fou d’imaginer qu’à 18 ans, on puisse savoir ce qu’on veut faire de sa vie.

Certains sauront, d’autres inventeront une réponse pour satisfaire ceux qui leur posent la question… Et ils suivront peut-être même ce chemin. Et surgira alors peut-être plus tard la pensée ci-dessus « je n’aime finalement pas ce que je fais ».

Et c’est OK 🙂

6. Ton projet n’a pas être « le bon »

Quand tu te projettes dans ta vie professionnelle et que tu sais que tu es d’une nature à vite t’ennuyer, tu as sans doute déjà croisé cette pression consistant à penser que le prochain projet doit être « le bon » (façon Prince Charmant) : celui grâce auquel tu vas t’épanouir pour le restant de tes jours.

Enlève-toi cette pression. Accepte que tu es dans une phase d’exploration. Cela te permettra d’ailleurs sans doute d’aller plus vite sur ton chemin et d’être plus à l’écoute de toi.

Et à un moment, un projet te donnera sans doute envie de t’y investir plus longuement.