Syndrome de l’imposteur, comment en sortir ?

Qui n’a jamais entendu parler de ce fameux syndrome de l’imposteur ? Ce sentiment de ne pas être à sa place et que quelqu’un va bien s’en rendre compte, un jour. Je pense qu’un certain nombre d’entre vous se reconnaissent ou se reconnaîtront dans sa description… Moi la première !

La bonne nouvelle est qu’il est possible de sortir du cercle vicieux du syndrome de l’imposteur et de se sentir légitime. Oui, oui !

Le syndrome de l’imposteur, qu’est-ce que c’est ? Ce syndrome ou complexe ou sentiment, car ‘syndrome’ se réfère à une pathologie… or ce n’est pas le cas ici, même si la souffrance est bien réelle. Donc, la prétendue imposture est liée à la peur de réussir et empêche les personnes qui en sont victimes, de développer pleinement leur potentiel. Inconsciemment convaincues que leur réputation est usurpée, ces dernières fuient toute possibilité qui leur permettrait d’aller encore plus loin. Elles vivent dans le doute. Elles pensent qu’un jour, elles seront démasquées et que la preuve de leur incapacité sera faite.

Sous un autre angle de vue, l’imposteur est également celui qui se conforme aux attentes d’autrui de sorte à incarner avec un rôle professionnel ou social.

Cette crainte d’être démasqué pousse le présumé imposteur à mettre en œuvre des stratégies pour masquer l’escroquerie dont il se sent coupable. Le terme ‘imposteur’ est fort, mais il reflète un réel ressenti.

Face à une tâche à accomplir, la personne qui se sent être un imposteur va soit se sur-préparer, soit procrastiner :

  • La stratégie de sur-préparation (overdoing) consiste à investir une très grande énergie dans la tâche à accomplir. Ceci permet à la personne d’attribuer le succès à cette grande quantité de travail et non à ses compétences réelles.
  • La stratégie de procrastination (underdoing) prépare la personne à l’échec, pour lequel elle a une explication toute faite et d’attribuer à la chance ou à un contexte particulier, les raisons de la réussite éventuelle.

Dans les deux cas, ces stratégies viennent renforcer le syndrome… qui devient alors un cercle vicieux ! Les personnes nient leurs capacités et leurs talents, ce qui permet au doute et à l’angoisse de subsister en dépit de succès répétés.

Que vous soyez un perfectionniste, un superman ou superwoman, une personne ayant prétendument de grandes facilités ou un individualiste forcené, on estime que 60–70% des personnes souffriraient du complexe de l’imposteur à un moment de leur vie, notamment professionnel : ne pas se sentir légitime à son poste, ne pas reconnaître la réalité d’un succès…

Ce syndrome est notamment fréquent chez les enfants et adultes à haut potentiel. Albert Einstein ou Jodie Foster ont témoigné de leur propre sentiment d’imposture. Et si je vous parle du sentiment que le psychologue s’est sans doute trompé quand il vous a fait passer votre test de QI, que ce n’est pas possible que vous soyez surdoué… Je suis certaine que la majorité des adultes surdoués qui lisent ces lignes, se reconnaîtront, notamment ceux ayant découvert leur haut potentiel à l’âge adulte.

Quelques citations de personnes célèbres :

  • “ Je pense toujours que les gens vont découvrir que je n’ai vraiment pas beaucoup de talent. Je ne suis vraiment pas très douée. Tout a été une imposture.” Michelle Pfeiffer
  • “ Parfois, je me réveille le matin avant de partir en tournage, et je pense que je ne peux pas faire ça. Je suis un imposteur.” Kate Winslett
  • “ J’ai écrit onze livres, mais chaque fois que je pense, ‘oh, ils vont me démasquer maintenant. J’ai joué avec tout le monde et ils vont me démasquer’.” Maya Angelou

En résumé, je dirais que le syndrome de l’imposteur se manifeste en un sentiment d’infériorité ou de dépréciation et d’incompétence (= estime de soi défaillante), une crainte d’être démasqué, l’incapacité à internaliser sa réussite et la surestimation des capacités et talents des autres.

Par exemple :

  • “Merci mais je n’ai aucun mérite. J’ai surtout eu beaucoup de chance”.
  • Se dire que ce que l’on a réalisé n’est pas si énorme tout de même. Et même si ça l’est, oui bon, on a beaucoup bossé, ce n’était pas grand chose.
  • Tout le monde peut le faire.
  • Pourvu que les autres ne posent pas d’autres questions, ils vont découvrir qu’on ne sait rien.

Les moyens de se libérer du syndrome de l’imposteur

Commencez par reconnaître que vous ressentez ce sentiment d’imposture et apprenez à identifier les situations dans lesquelles il émerge.

Ensuite, c’est vrai qu’il y a toujours plus à apprendre. Faire l’effort d’accroître vos compétences peut certainement vous aider à faire des progrès professionnels et vous maintenir compétitif sur le marché du travail. Mais la tendance à rechercher sans cesse plus d’informations peut en fait être une forme de procrastination. Commencez à pratiquer l’apprentissage juste-à-temps. Cela signifie acquérir une compétence quand vous en avez besoin — par exemple, si vos responsabilités changent — plutôt que d’accumuler des connaissances pour un (faux) confort.

Réalisez qu’il n’y a pas de honte à demander de l’aide quand vous en avez besoin. Si vous ne savez pas comment faire quelque chose, demandez à un collègue. Si vous n’arrivez pas à résoudre un problème, demandez conseil à un superviseur ou à un coach. Le tutorat de jeunes collègues ou le bénévolat peuvent être une excellente façon de découvrir votre expertise personnelle. Lorsque vous partagez ce que vous savez, cela profite non seulement aux autres, mais cela vous aide aussi à surmonter votre syndrome d’imposteur.

Et aussi, acceptez l’imperfection (la vie est trop courte !), souvenez-vous des efforts que vous avez faits pour réaliser telle ou telle chose, notez vos réalisations et vos succès, notez aussi les compliments qu’on vous fait et cessez de vous comparer aux autres.

Êtes-vous victime du syndrome de l’imposteur ? Vous pouvez faire le test (en anglais) conçu par l’une des deux théoriciennes américaines du syndrome de l’imposteur, Pauline Rose Clance : l’échelle de Clance sur http://paulineroseclance.com/pdf/IPTestandscoring.pdf


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